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L’Euro, une monnaie unique

Partagé aujourd’hui par 19 Etats membres de l’Union Européenne, l’Euro a fait du chemin depuis sa création en 1999 et sa mise en circulation le 1er Janvier 2002. Désormais troisième monnaie au monde pour les montant des transactions, deuxième devise la plus échangée au monde sur le Forex et première pour la quantité de billets en circulation, l’Euro est bel et bien devenu une devise de référence pour le monde. Retour sur l’aboutissement d’un rêve à l’européenne.

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L’Euro n’est pas la première union monétaire qui vit le jour en Europe. En effet, l’Union latine de 1865, à l’initiative de Napoléon III marquait déjà un lien entre la France, la Belgique, La Suisse, l’Italie, la Grèce et plus l’Espagne et Le Portugal.

Si la Première Guerre Mondiale coupe les ambitions monétaires Européennes, il faut attendre les années 70 pour qu’un nouveau projet de monnaie unique soit évoqué, afin d’unifier les différentes politiques Européennes.

Ce n’est pourtant que 20 ans plus tard, lors du traité de Maastricht en 1992 que l’Euro est officialisé. Bien qu’il ne sera nommé « Euro » officiellement que trois ans plus tard.

Ses objectifs sont multiples. En effet, les différents membres de l’union Européenne savent qu’une monnaie unique comme l’Euro représente un véritable défi économique.Mais les projets le concernant sont important pour le futur de l’unité européenne :

  • Tout d’abord lutter contre le coût des opérations de change qui entravent alors la libre circulation des biens à l’intérieur de l’Europe.
  • Protéger et unifier l’économie interne en réponse à l’instabilité du système monétaire international.
  • Contrebalancer la puissance du Dollar en créant une seconde devise internationale.
  • Renforcer la compétitivité internationale des entreprises européennes en facilitant leur accès aux marchés mondiaux.
  • Améliorer l’unité européenne en transférant un élément fondamental de la souveraineté des Etats à L’Union Européenne.

1999/2002 : Au lancement de l’Euro

S’il a fallu attendre 2002 pour bénéficier de l’Euro sous sa forme matérielle, celui-ci était introduit sous sa forme immatérielle le 1er Janvier 1999. On pouvait alors déjà posséder des chèques de voyages ou procéder à des transferts électroniques en Euro.

Dès lors, chacune des devises des pays ayant adopté l’Euro s’est son taux de change bloqué à un taux fixe en attendant que l’Euro ne soit mis en circulation le 1er Janvier 2002, date à laquelle les monnaies nationales ont cessées d’exister. Cependant une période de transition eu lieu, durant la plupart du temps 2 mois mais certains pays ont tout de même continué à accepter les anciennes devises encore un moment.

Des adhérents de plus en plus nombreux

Lors de la signature du traité de Maastricht, 11 pays membres adhèrent à la monnaie unique : la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal.

Le Danemark et le Royaume-Uni optent pour des options de retrait, leur permettant de ne pas participer à l’Union monétaire même s’ils respectaient les critères.

Depuis, de nombreux pays ont été intégrés à la monnaie unique, qui compte désormais 18 membres :

  • La Grèce en 2001
  • La Slovénie en 2007
  • Chypre et Malte en 2008
  • La Slovaquie en 2009
  • L’Estonie en 2011
  • La Lettonie en 2014
  • La Lituanie en 2015

A noter que l’adhésion à l’Euro est désormais obligatoire à tous les nouveaux membres de l’Union Européenne.

Des hauts et des bas : Analyse de l’Euro

A son lancement, l’Euro connaît des débuts balbutiants : s’il s’ouvre à 1,1680 Dollars le 4 Janvier 1999, il passera sous les 1 Dollar en 2000 (record à 0,8252 Dollars) et devra attendre 2002 pour retrouver une parité avec la devise américaine.

Dès lors, l’Euro va commencer à prendre de la valeur, un état de grâce qui durera près de cinq ans, atteignant un sommet à 1,6038 Dollars le 15 Juillet 2008.

C’est sans compter la crise économique et financière de 2008-2009 ainsi que la crise grecque qui auront pour conséquence une lente érosion de l’Euro au fil des ans.

La crise financière européenne prend racine dès 2007 dans la crise des subprimes, crédits immobiliers à taux variables pratiqués aux Etats-Unis. Jugés risqués mais rentables, ils se multiplieront très rapidement tant les ménages étaient séduits pas ces crédits. Cependant, lorsque les ménages américains n’ont plus été en mesure de rembourser ces crédits, c’est toute la chaîne qui s’est effondrée, ne s’arrêtant pas seulement aux Etats-Unis car nombre de banques mondiales avaient acheté des titres dans ces crédits.

Les conséquences sont alors immédiates : chute des indices boursiers et panique sur les marchés. Le reste est une succession d’événements : les banques ont commencé à perdre d’importants capitaux, causant leur faillite ou une recherche urgente de capitaux pour renflouer leurs caisses.

Des gouvernements à l’image de la France et de l’Allemagne ont préféré organiser un sauvetage des banques en réinjectant des fonds dans celles-ci.La conséquence étant une hausse des déficits publics et un accroissement de la dette des banques.

La reprise économique ne se montrant pas, les déficits s’installent alors partout et la dette des Etats augmente.

Dès lors, on se questionne dans la zone Euro sur le caractère soutenable de la dette de certains Etats dont la Grèce. On découvrira alors que la Grèce n’a jamais respecté les conditions d’entrée dans l’Euro puisqu’elle avait maquillé ses chiffres avec l’aide des banques pour faciliter son adhésion : c’est le début de la crise Grecque.

La crise vire alors à la contagion : Italie, Espagne, Portugal sont touchés de plein fouet, nécessitant des plans d’austérité pour sauver les économies locales.

Ses plans n’ayant qu’un succès limité, et après deux plans de sauvetage (et un troisième plus récemment) pour éviter à la Grèce de sombrer et de quitter la zone Euro, la BCE (Banque Centrale Européenne), s’est finalement décidé à abaisser le taux directeur de la zone Euro fin 2014, conduisant à une dévaluation de l’Euro sur les marchés.

Une Euro moins fort, une mauvaise idée ? Il est trop tôt pour le dire mais l’objectif de la BCE est clair : avec un Euro plus compétitif, l’objectif est de relancer le commerce extérieur et les investissements étrangers, première étape d’une reprise de la croissance des pays européens et premier pas vers une rémission.